GEORGIA POSSUM: In The Middle of The Dirt Road (2014)

Musicians:

Jack Walker Jr : Drums / Keyboards

Ron Lands : Banjo / Steel Guitar

Tracy Hosey : Backing Vocals

Jack Walker : Guitar/ Vocals

Titles:

01 Save The Drama For Yo Mama

02 Big Crazy Woman Blues

03 Jokers and Jacks

04 Fallins for You Hard

05 Middle of The Dirt Road

06 Landins / Nuclear

07 Jesus or My Dog

08 Make Yo Stand

09 Black Jack Mountian

10 Atv

11White Thans

Comme son nom l’indique, ce groupe vient de Géorgie et sort son troisième disque. Ce combo définit sa musique comme un mélange de « Southern rock » et de « country music ». Voilà qui est fort alléchant mais qu’en est-il réellement ?

« Save The Drama For Your Mama » tape honorablement et le solo de gratte est simple mais efficace. « Big Crazy Woman Blues » pourrait faire un malheur dans les « honky tonks » le samedi soir si les solos de guitare et de slide n’étaient pas si simplistes. « Jokers And Jacks » jouit d’une bonne montée d’accords et cartonne bien. Mais la guitare, bien que sympathique, sonne « junior ». Le gratteux parait hésitant sur « Falling For You Hard » mais se rattrape sur « Middle Of The Dirt Road », un lent « Southern blues rock ». « Nuclear », une chanson contre le nucléaire, est une ballade intéressante et la guitare en son clair appelle aux grands espaces. Dommage que ce titre soit affublé d’une intro lourdingue (« Landins »). La très belle ballade country « Jesus Or My Dog » décroche la timbale du meilleur titre de l’album. Le chanteur demande à sa nana si elle pourrait l’aimer autant que Jésus (qui sera toujours à ses côtés même s’il déconne) ou son chien (qui l’attend sur la route quand il rentre chez lui). Un bon solo de pedal steel assaisonne le tout. Bravo ! « Make Yo Stand », lourdaud au possible, n’apporte rien de plus. « Black Jack Mountian », dans la veine rock sudiste, serait un bon morceau si le guitariste assurait un peu plus. Heureusement, la pedal steel rattrape le tout à la fin et on a droit à un chant indien en prime. Quant au très hardos « White Thang », qui raconte une sombre histoire de chasse, il pourrait servir de générique pour un film d’horreur de Rob Zombie.

Bon, les musicos de Georgia Possum se définissent eux-mêmes comme de bons petits gars du Sud, adeptes du « fun » et du « good time », qui aiment la bonne musique, les motos, les filles et la rigolade. C’est marrant, sympathique, voire rafraîchissant. Les textes ne sont pas dépourvus d’humour ou de sens critique (« Nuclear ») et le son brut et compact de l’ensemble donne une touche d’authenticité. Mais tout cela ne suffit pas à masquer les défauts de la production et les erreurs de mixage (notamment la batterie avec sa caisse claire trop sèche et trop aiguë). Et puis, je suis désolé, mais on serait en droit de s’attendre à des solos de gratte d’un autre niveau, surtout de la part d’un groupe qui veut faire de la « Southern music » et qui sort sa troisième galette. Par moments, on est plus proche de « Viens boire un p’tit coup à la maison » version sudiste que du Rock made in Dixieland. Aimer la bonne musique est une chose, la jouer en est une autre.

Alors, comme disait mon prof de maths qui se désolait devant ma copie, « Peut mieux faire ! ».

Olivier Aubry